//Organisation et équipement – 1968-1992

Organisation et équipement – 1968-1992

Vers la fin des années 1960 et au début des années 1970, il y aura de nombreux changements pour le Régiment royal de l’Artillerie canadienne. Comme il a déjà été mentionné, un acte du Parlement le 1er février 1968 entraîne l’intégration de l’Armée, de la Marine et de la Force aérienne pour former les Forces armées canadiennes. Durant l’unification, la décision est prise de ne pas affecter les régiments, mais plutôt de dissoudre le Corps de l’Armée et de le remplacer par les branches des FC. Donc, alors que tous les autres Corps de l’Armée sont dissous, le Régiment royal survit et assume aussi les fonctions d’une branche des FC. Bien que toutes les distinctions régimentaires de l’uniforme soient d’abord abolies au sein des FC, il s’écoule peu de temps avant que les artilleurs ne revêtent fièrement à nouveau leurs grenades et insignes d’épaule.

Avec la formation du Régiment aéroporté du Canada le 8 avril 1968 est née 1re Batterie aéroportée, ARC. Elle reste à Edmonton en tant que batterie autonome jusqu’en 1977, année où le Régiment aéroporté est restructuré et se retrouve à la BFC Petawawa. La 1re Batterie aéroportée est alors dissoute et la Batterie E, 2 RCHA, est renommée Bie E (Para).

Le 6 mai 1968, une unité d’artillerie de la Force régulière retourne à Québec après une absence de presque cinquante ans. Le 5e Régiment d’artillerie légère du Canada (5 RALC), premier régiment francophone de la Force régulière, est formé autour du noyau d’artilleurs issus de la Batterie X du 3 RCHA. Dans le cadre du plan relatif au personnel pour la création du 5 RALC, on décide que les effectifs du 4 RCHA seraient réduits à zéro. D’abord équipé d’obusiers tractés de 105 mm, le 5 RALC reçoit en 1969 des obusiers démontables L5 de 105 mm. Au cours des années suivantes, le L5 servira aussi dans le rôle aéroporté et dans les batteries de la Force mobile du CAE des 2, 3 et 4 RCHA en service sur les flancs sud et nord de l’OTAN.

Le 3 RCHA déménage de Winnipeg à Shilo en 1970 pour combler le vide laissé par le départ de l’École pour Gagetown. Le 15 juillet 1970, les effectifs du 4 RCHA à Petawawa sont réduits à zéro. La plupart de son équipement et de son personnel sont transférés directement au 2 RCHA, lequel quitte Gagetown pour Petawawa.

En 1968, l’obusier AM M109 de 155 mm est mis en service au 1 RCHA en Allemagne. Un deuxième achat de M109 en 1977 équipe le 3 RCHA. Finalement, le 3 RCHA et le 5 RALC sont équipés de M109 et reçoivent comme mission de partir pour l’Allemagne pour renforcer le rôle du Canada dans l’OTAN, et font partie de la 1re Artillerie divisionnaire du Canada (qui est de nouveau formée au début des années 1980). Le 2 RCHA continue de tenir les rôles de batterie d’artillerie et de batterie aéroportée des Forces mobiles du CAE jusqu’à la fin de la guerre froide.

En 1975, à la suite d’un nouvel engagement du gouvernement concernant la protection des aérodromes et des formations de l’armée contre les attaques aériennes, deux batteries d’artillerie antiaérienne d’aérodrome sont réactivées en Allemagne. Il s’agit de la 128e Batterie aérienne d’aérodrome, ARC à Baden-Soellingen et de la 129e Batterie aérienne d’aérodrome, ARC à Lahr. Elles sont toutes les deux équipées de canons Boffin de 40 mm et de missiles Blowpipe. Le Boffin est une version hydraulique navalisée du Bofors de 40 mm, canon standard de la Seconde Guerre mondiale. En 1976, le 1 RCHA et le 2 RCHA reçoivent des missiles de défense aérienne Blowpipe. Le 3 RCHA et le 5 RALC ajoutent une batterie équipée de missiles Blowpipe à leurs effectifs, soient les batteries U et V respectivement. Ce sont les seules batteries d’artillerie antiaérienne dans l’histoire du RCHA.

Au milieu des années 1980, l’Armée de terre entreprend le projet de défense aérienne à basse altitude (DABA) pour moderniser son armement dans ce domaine. Le projet, qui s’avérera à l’époque le plus coûteux jamais entrepris par l’armée (un milliard de dollars), entraîne l’achat d’un des systèmes de défense antiaérienne à courte portée (DAACP) vraisemblablement les plus efficaces au monde. Le 27 novembre 1987, le 4e Régiment d’artillerie antiaérienne, ARC, comprenant la 127e, 128e et 129e Batterie AAA, est mis sur pied et basé à Lahr, en Allemagne. Les deux batteries de défense d’aérodromes sont équipées de quatre sections Skyguard (un radar de contrôle de tir Skyguard et deux systèmes de canons antiaériens Oerlikon GDF-005 de 35 mm chacun) et un ensemble de quatre systèmes d’arme antiaérien et antichar (ADATS). La 127 BAAA, ayant reçu la mission d’assurer la protection AA du 4 GBMC, est équipée de 12 systèmes d’armes antiaérien et antichar (ADATS). Durant cette période, la 119 BAAA au Canada est aussi rééquipée d’ADATS. Toutes les autres batteries et les troupes d’artillerie antiaérienne voient leurs effectifs réduits à zéro au moment de la formation du 4e Régiment d’artillerie antiaérienne (4 RAAA).

Pour les opérations, le 4 RAAA devait recevoir une troupe de systèmes de missiles Javelin S15 (qui remplacent les missiles Blowpipe en 1991) de chacune des unités de Milice qui avaient été rééquipées comme artillerie antiaérienne – le 1 RAAA à Pembroke, le 18 RAAA à Lethbridge et la 58 BAA (faisant partie du 6 RAC) à Lévis (Québec).

En 1992, dans le cadre de la réduction des forces et du retour des unités de l’Allemagne, le 4e Régiment AAA, ARC voit son effectif réduit à zéro. Il est rétabli le 21 juillet 1996, à titre d’unité de la Force totale, avec un effectif réduit, composé en majorité de réservistes. Le QG et la 128e Batterie AAA sont basés à Moncton, et la 119e Batterie AAA et le 210e Atelier AAA, à Gagetown. L’équipement d’une troisième batterie est placé à Cold Lake, en Alberta, avec un personnel de soutien réduit.

En raison de la réduction du personnel des Forces canadiennes en 1992, l’effectif du 3 RCHA est réduit à zéro. À la suite de la dissolution du 4 GBMC, le 1 RCHA revient d’Allemagne pour remplacer le 3 RCHA à Shilo. C’est en 1993 qu’a lieu le dernier déploiement en parachute de l’obusier L-5, en raison de la radiation de l’Armée d’une batterie capable de se déployer en parachute. Les ressources en armes des trois unités d’artillerie rescapées de la Force régulière (1 RCHA, 2 RCHA et le 5 RALC) sont redistribuées, donnant à chaque régiment une combinaison de deux batteries d’obusiers M109 et d’une batterie d’obusiers C1 de 105 mm. En 1997, les obusiers C1 des unités de la Force régulière sont remplacés par un nouveau canon léger à longue portée de 105 mm, le LG1 français.

En 1992, l’artillerie de la Réserve est composée de 15 régiments d’artillerie de campagne, de deux régiments d’artillerie antiaérienne, de deux batteries d’artillerie de campagne autonomes et d’une batterie d’artillerie antiaérienne. Les régiments de campagne utilisent les obusiers tractés C3 et C1 de 105 mm. Les régiments de défense antiaérienne utilisent le MSA tiré à l’épaule, le Javelin S-15.

La fin de la guerre froide en 1992 entraîne une période d’incertitude pour la défense canadienne, laquelle s’était concentrée depuis de nombreuses décennies sur la menace soviétique. Le Régiment royal s’efforce de se trouver un rôle stable dans une armée dont l’avenir s’oriente de plus en plus vers le maintien de la paix. De nombreux hauts dirigeants de l’Armée commencent même à penser qu’on n’a pas les moyens ou même qu’il n’est pas nécessaire de conserver une artillerie.

 

2020-02-09T18:02:26-05:00L'Histoire|

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